• Philippe Zeller

Le management bienveillant en 6 points

Dernière mise à jour : 1 mai 2020

Loin d'être un truc de bisounours ou de hippie anarchiste, le "goodwill management" est une vraie piste de productivité. Il n'est ici nullement question de ne jamais dire non ou de toujours dire oui. C'est même bien le contraire: l'idée c'est de poser un cadre pour devenir des managers exemplaires et permettre d'avancer (un peu plus) sereinement vers toutes les démarches collectives et participatives. Bref de passer de l'état de manager à celui de leader.

Le pouvoir du collectif

Commençons par le commencement : qu'on se le dise, créer les conditions pour être plus intelligent à plusieurs repose sur deux leviers :

  1. une réelle diversité des personnes et des points de vue

  2. l’indépendance des acteurs, c’est-à-dire la capacité donnée à chacun d’exprimer son (réel) point de vue sans ressentir de pression à se conformer ni risquer d’être jugé.

Sur le premier point, ça ne parait pas trop compliqué à priori... dans les faits c'est loin d'être gagné, puisque dans notre famille professionnelle on porte souvent tous, sans même s'en rendre compte, le poids de la même culture et des mêmes habitudes. Mais là n'est pas le sujet aujourd'hui.


Parlons plutôt du second point : la capacité donnée à chacun d’exprimer son réel point de vue sans ressentir de pression à se conformer ni risquer d’être jugé.

Qui d'entre-nous ne s'est jamais ravisé de donner son avis en réunion par peur du jugement ou juste parce que le "grand chef est là"?

Le pire, c'est que c'était peut-être une bonne idée. Une idée pas dans le cadre? Ben surement une super idée qui aurait fait avancer tout le monde...


Vous savez quoi? Le management bienveillant sert à "guérir" ce type de blocages du collectif et permettre au groupe de vivre et penser dans un cadre propice à l'échange constructif. Qu'on se le dise : la clé de la transformation se trouve au plus profond de chacun d'entre nous et pour se débarrasser des comportements de management toxique que l'on pratique souvent par maladresse ou mimétisme de nos pairs, il faut deux ingrédients: de la volonté et de la confiance.


Le management bienveillant en 6 points


  1. Proposer plutôt que d’imposer Une stratégie sera toujours plus efficace si l’ensemble des collaborateurs se sent responsable du choix de celle-ci. Il ne s’agit pas forcément d’être dans un management collaboratif en tout, et pour tout, mais, pour les grandes décisions, inclure une part de discussion est fondamentale. Un manager n’est pas infaillible et il est rassurant pour les équipes que dans son mode de pilotage, celui-ci attende de ses équipes qu’elles l’aide!

  2. Ecouter plutôt que de parler Manager c’est décider. Pour bien le faire, il faut avoir tous les éléments en main. C’est à ce titre qu’écouter ses collaborateurs ou ses collègues est fondamental, non seulement pour prendre de l’information afin d’éclairer ses choix mais également pour motiver les personnes autour de soi. Etre bienveillant, c’est savoir écouter, pas seulement entendre, c’est écouter en prêtant attention et en respectant la valeur de la parole de son interlocuteur. C’est avec ce type d’écoute que sa propre réflexion devient plus riche.

  3. Manager plutôt que de copiner Manager avec bienveillance, c’est avoir un relationnel et des actes identiques avec tout le monde. Trop de managers ont autour d’eux une « bande de copains », des courtisans… Conséquences ? 1- un courtisan, par principe ne contredit jamais le Roi et ne lui permet pas de voir si il fait des erreurs. 2- ceux qui ne sont pas courtisans sont plus occupés à essayer de le devenir qu’à servir les intérêts du royaume. 3- le Roi se pense génial et ne se remet surtout pas en question. Une étude a montré que 73% des managers ne s'occupent que des collaborateurs avec qui ils ont des affinités - c'est un réflexe humain après-tout.

  4. Développer plutôt que de sanctionner Les erreurs sont humaines mais les managers oublient souvent que ce sont ces erreurs qui, au final, rendent les collaborateurs meilleurs. La bienveillance dans le management, c’est admettre la possibilité de se tromper et de mettre l’ensemble des collaborateurs en confiance sur ce point afin de libérer les énergies. La bienveillance ne veut pas dire qu’aucune sanction ne doit jamais tomber, mais que si sanction il doit y avoir, qu’elle sera juste.

  5. Sourire plutôt que de faire la tronche H24 La bienveillance est une attitude également. Pour ce point, dans le détail, il y a toute une théorie que l’on nomme « Le management par le sourire », mais nul besoin d'être prix nobel pour comprendre qu'un sourire peut conquérir le monde là où les armes et l'altérité créent plutôt des conflits.

  6. Assumer plutôt que de dissimuler Etre bienveillant ne veut en aucun cas dire « être gentil ». Etre bienveillant, c’est, quand il s’agit d’annoncer une mauvaise nouvelle, faire preuve de psychologie et de respect. Contrairement à ce que pensent certains managers, un collaborateur sera toujours plus motivé par un manager qui communique, y compris les mauvaises nouvelles, que par un manager enfermé du matin au soir dans son bureau et qui ne communique que par mail.


En bref, la bienveillance c'est tout bête - presque évident. C'est génial : ça génère de l’énergie positive, et c'est vrai en entreprise comme dans la vie personnelle.

Mais dans les faits, à mettre en place et à tenir (au départ) c'est une discipline de tous les instants à avoir avec soi-même!

Imaginez donc la complexité que représente la transition vers la bienveillance d'une entreprise où chacun va devoir s'approprier de nouveaux codes et comportements.

Ce dont je peux témoigner (pour avoir décidé de plonger avec mes équipes dans ce chaudron magique il y a 5 ans), c'est que la formation à la communication bienveillante et un coaching par la suite sont des raccourcis de mise en place à considérer sérieusement : time is money, et ça... il ne faut pas l'oublier, même quand on veut changer le monde.

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